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I Have a Dream

SCENE 10.

Louis. - Au début, ce que l'on croit
- j'ai cru cela -
ce qu'on croit toujours, je l'imagine,
c'est rassurant, c'est pour avoir moins peur,
on se répète à soi-même cette solution comme aux enfants
qu'on endort,
ce qu'on croit un instant,
on l'espère,
c'est que le reste du monde disparaîtra avec soi,
que le reste du monde pourrait disparaître avec toi,
s'éteindre, s'engloutir et ne plus me survivre.
Tous partir avec moi et m'accompagner et ne plus jamais
revenir.
Que je les emporte et que je ne sois pas seul.

Ensuite, mais c'est plus tard
- l'ironie est revenue, elle me rassure et me conduit à
nouveau -
ensuite on songe, je songeai,
on songeà voir les autres, le reste du monde, après la mort.
On les jugera.
On les imagine à la parade, on les regarde,
ils sont à nous maintenant, on les observe et on ne les aime
pas beaucoup,
les aimer trop rendrait triste et amer et ce ne doit pas être
la règle.
On les devine par avance,
on s'amuse, je m'amusais,
on les organise et on fait et refait l'ordre de leurs vies.
On se voit aussi, allongé, les regardant des nuages, je ne
sais pas, comme dans les livres d'enfants, c'est une idée
que j'ai.
Que feront-ils de moi lorsque je ne serai plus là ?
On voudrait commander, régir, profiter médiocrement de
leur désarroi et les mener encore un peu.
On voudrait les entendre, je ne les entends pas,
leur faire dire des bêtises définitives
et savoir enfin ce qu'ils pensent.
On pleure.
On est bien.
Je suis bien.

Parfois, c'est comme un sursaut,
parfois, je m'agrippe encore, je deviens haineux,
haineux et enragé,
je fais les comptes, je me souviens.
Je mords, il m'arrive de mordre.
Ce que j'avais pardonné je le reprends,
un noyé qui tuerait ses sauveteurs, je leur plonge la tête
dans la rivière,
je vous détruis dans regret avec férocité.
Je dis du mal.
Je suis dans mon lit, c'est la nuit, et parce que j'ai peur,
je ne saurais m'endormir,
je vomis la haine.
Elle m'apaise et m'épuise
et cet épuisement me laissera disparaître enfin.
Demain, je suis calme à nouveau, lent et pâle.
Je vous tue les uns après les autres, vous ne le savez pas
et je suis l'unique survivant,
je mourrai le dernier.
Je suis un meurtrier et les meurtriers ne meurent pas,
il faudra m'abattre.
Je pense du mal.
Je n'aime personne,
je ne vous ai jamais aimés, c'était des mensonges,
je n'aime personne et je suis solitaire,
et solitaire, je ne risque rien,
je décide de tout,
la Mort aussi, elle est ma décision
et mourir vous abîme et c'est vous abîmer que je veux.
Je meurs par dépit, je meurs par méchanceté et mesqui-
nerie,
je me sacrifie.
Vous souffrirez plus longtemps et plus durement que moi
et je vous verrai, je vous devine, je vous regarderai
et je rirai de vous et haïrai vos douleurs.
Pourquoi la Mort devrait-elle me rendre bon ?
C'est une idée de vivant inquiet de mes possibles égare-
ments.
Mauvais et médiocre, je n'ai plus de que minuscules
craintes et infimes soucis,
rien de pire :
que ferez-vous de moi et de toutes ces choses qui m'appar-
tenaient ?
Ce n'est pas beau mais ne pas être beau me laissera moins
regrettable.

Plus tard encore,
c'est il y a quelques mois,
je me suis enfui.
Je visite le monde, je veux devenir voyageur, errer.
Tous les agonisants ont ces prétentions, se fracasser la tête
contre les vitres de la chambre,
donner de grands coups d'ailes imbéciles,
errer, perdu déjà et
croire disparaître,
courir devant la Mort,
prétendre la semer,
qu'elle ne puisse jamais m'atteindre ou qu'elle ne sache
jamais où me retrouver.
Là où j'étais et fus toujours, je ne serai plus, je serais loin,
caché dans les grands espaces, dans un trou,
à me mentir et ricaner.
Je visite.
J'aime être dilettante, un jeune homme faussement fragile
qui s'étiole et prend des poses.

Je suis un étranger. Je me protège. J'ai les mines de
circonstance.
Il aurait fallu me voir, avec mon secret, dans la salle
d'attente des aéroports, j'étais convaincant !
La Mort prochaine et moi,
nous faisons nos adieux,
nous nous promenons,
nous marchons la nuit dans les rue désertes légèrement
embrumées et nous nous plaisons beaucoup.
Nous sommes élégants et désinvoltes,
nous sommes assez joliment mystérieux,
nous ne laissons rien deviner
et les réceptionnistes, la nuit, éprouvent du respect pour
nous, nous pourrions les séduire.
Je ne faisais rien,
je faisais semblant,
j'éprouvais la nostalgie.
Je découvre des pays, je les aime littéraires, je lis des
ivres,
je revois quelques souvenirs,
je fais parfois de longs détours pour juste recommencer,
et d'autres jours,
sans que je sache ou comprenne,
il m'arrivait de vouloir tout éviter et ne plus reconnaître.
Je ne crois en rien.

Mais lorsqu'un soir,
sur le quai de la gare
(c'est une image assez convenue),
dans une chambre d'hôtel,
celui-là "Hôtel d'Angleterre, Neuchâtel, Suisse" ou un
autre, 'Hôtel du Roi de Sicile", cela m'est bien égal,
ou dans le seconde salle à manger d'un restaurant plein de
joyeux fêtards où je dînais seul dans l'indifférence et le
bruit,
on vint doucement me tapoter l'épaule en me disans avec
un gentil sourire triste de gamin égaré :
"A quoi bon ?"
ce "à quoi bon"
rabatteur de la Mort
- elle m'avait enfin retrouvé sans m'avoir cherché -,
ce "à quoi bon" me ramena à la maison, m'y renvoya,
m'encourageant à revenir de mes dérisoires et vaines
escapades
et m'ordonnant désormais de cesser de jouer.
Il est temps.

Je traverse à nouveau le paysage en sens inverse?
Chaque lieu, même le plus laid ou le plus idiot,
je veux noter que je le vois pour la dernière fois,
je prétends le retenir.
Je reviens et j'attends.
Je me tiendrai tranquille, maintenant, je promets,
je ne ferai plus d'histoires,
digne et silencieux, ces mots qu'on emploie.
Je perds. J'ai perdu.
Je range, je mets de l'ordre, je viens ici en visite, je
laisse les choses en l'état, j'essaie de tirer des
conclusions, d'être paisible.
Je ne gesticule plus et j'émets des sentences symboliques
pleines de sous-entendus gratifiants.
Je me complais.
Rien ne me flatte autant, désormais, que ma propre angoisse.
Il m'arrivait aussi parfois,
"les derniers temps",
de me sourire à moi même comme pour une photographie
à venir.
Vos doigts se la repassent en prenant garde de ne pas la salir
ou d'y laisser de coupables empreintes.
"Il était exactement ainsi"
et c'est tellement faux,
si vous réfléchissiez un instant vous pourriez l'admettre,
c'était tellement faux,
je faisais juste mine de

Réminiscences

le 20/01/2009 à 21h33
***
La route et les troittoirs sont blancs du sel que l'on a jeté dessus dans la crainte de la plus petite flaque de verglas : j'imagine que le paysage autour des Tours Jumelles devait être pareil après leur effondrement, blanc comme de la poussière d'os fracassés que les bâtiments ont exhalés dans leur dernier souffle de vie.
Poudre blanche et sale, minérale et humaine ; poudre de diamant and
thinking about stars.


Les cadavres exquis boiront le vin nouveau, et moi je te boirais à nouveau.
***

Acmée

le 20/01/2009 à 21h32
***
Ce que je retiendrais

NOËL
Des chignons bananes, un rouge à lèvre Chanel
(Rouge Allure N°14, Passion), des chaussures tant désirées, des futurs trèfles à quatre feuilles, le nez bouché, la sieste du 25, un début d'entente avec ma soeur (...), "Qu'est-ce qu'on s'marre", la messe de minuit

NOUVEL AN
Trois coeurs, trois verres de vins et deux et demi de champagne, mon père, les vieux disques, le froid, la joie de mon petit frère avec ses pétards, danser sur Abba, une dispute avec une absente, le rajout d'une seconde à minuit, le vernis raté, les nouilles à trois heures de l'après-midi




02/01/09 au 04/01/09
Un chauffe-épaule noir, mille-feuille aux fraises et paris-brest, NCIS,
trois fois, la chaleur d'une promesse, le bonheur après avoir tant attendu, une peur dépassé, des pommes dauphines, le rami, lui laver les cheveux puis les lui sécher, promenade autour de l'étang gelé


La mémoire est comme le froid de l'hiver : elle enveloppe les souvenirs dans le plus beau des givres.
NEIGES ETERNELLES JE VOUS DESIRE.
***

Red haired Princess

le 20/01/2009 à 21h31

***

Ma rivière, ma petite rivière, je voudrais laver ton inquiétude (et si je pouvais noyer la mienne dans le même instant, je crois que cela nous sauverait de nous-mêmes). Ton nom coule dans ma bouche quand je t'appelle, je n'aime pas te voir pleurer, tu es si belle quand tu ris !
"Ma folie, mon espoir" ? Notre fil de vie tout d'or et de larmes nous enserre et souvent nous étouche, c'est tellement beau l'or, de loin, mais c'est froid et dur parfois, la gorge encordée de ce bijou compliqué ; "Everything for you my Darling".

Ecrivons ensemble : chacune une page, chaque jour, notre projet.
Veux-tu ?



Piix : Crimson Apple by Pinkparis1233 sur deviantart.com

HINC ET NUNC

le 20/01/2009 à 21h29
Redécouvrir son corps, parce qu'il n'est pas mort en vérité, parce qu'il veut simplement plus, parce qu'il veut juste hurler. La flamme revenue, même rien qu'un instant, la flamme qui embrasse et embrase le corps - ces mains absentes pourtant - le bonheur qui monte aux joues et fait couler des larmes étoilées.
On ne veut rien perdre, on veut tout garder.

S'il veut hurler qu'il hurle ! Je veux pleurer et entendre mes larmes s'écraser avec un grand fracas sur le sol, effacer mes pensées, le tableau blanc, mourir en quelque sorte, renaître juste pour lui, pour aimer encore et ne plus se soucier de rien, de rien, de rien.

Un baiser.
Se damner.

Tropisme

le 20/01/2009 à 21h27
***
Je me sens tiraillée de toute part par une jalousie qui va en augmentant ; je ne sais pourquoi, je crois que j'ai besoin de réponse, et je crois aussi que je veux que ce soit lui qui me les donne. Mais est-ce que je peux encore lui demander cela, après toutes les fausses questions, ou plutôt les mal dîtes, enfin la vérité, non pas la chair écorchée, ça il la connaît, mais ce qu'il y a en dessous, sous les ongles, dans mes veines, quelque part au fond d'une artère ; et quand le mal sort, ce n'est pas du sang qui jaillit mais des larmes, des larmes qui ne savent pas exactement elles-mêmes pourquoi elles roulent soudain le long de mes joues pour terminer sur son pull.
Je voudrais éprouver la vérité, mais les mots se serrent dans ma gorge et je me demande comme le lui dire. Alors je décide de me servir de l'écriture, car tout est toujours mieux passé par voie tactile : s'il te plaît, demande moi "Que veux-tu vraiment ? Qu'est-ce que tu as ?", et je te dirais, si je peux, si je comprends ; je pleurerais, mais cette fois, ce sera pour de bon, une fois pour de bon, une fois pour toute.
Je veux guérir d'un mal que peut-être je m'invente, qui peut-être n'existe pas, et que de toute façon je ne connais pas : mais la solution, c'est toi, je le sais, c'est par toi que je guérirais, car tu me dis "je t'aime" dans le rire et dans mon désespoir.

Ne pars pas.
[Photo ancienne déjà...]
***

Golgotha

le 20/01/2009 à 21h24
***
ELI, ELI, LAMA SABACTANI !
[Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandoné !]
***

Technocratie

le 20/01/2009 à 21h22
***
OUI j'ai une veste et un béret violets
OUI j'ai des converses vertes flash
OUI j'ai du gloss fushia
OUI je met des talons de 1Ocm de haut
OUI je viens au lycée en jupe

Tout le monde dit exécrer la conformité, mais dès que quelqu'un sort du rang on le regarde de travers et les commentaires fusent ["Eh r'garde y'a <<bonnet violet>>].
FUCK.


[Je ne nie pas être d'une certaine conformité, sinon d'une conformité certaine. Mais quand je décide d'être originale, alors je m'assume. Article à classer dans le strictement inutile]

Piix : purple apple by butterflycharm sur deviantart.com
***

Thanatophobie !

le 14/10/2008 à 21h04

J'aimerais de nouveau écrire, avoir cette étincelle, même si cce n'est que pour quelques instants : mais en ce court instant, lâcher tout, vomir et déverser mon trop plein d'émotions inanimées sur du papier tout ce qu'il y a de plus virtuel. Et puis souffler.
J'aimerais qu'il me dise que je suis la plus belle, même si c'est superficiel et puéril, j'aimerais qu'il me caresse les cheveux et la joue en m'affirmant que tout sera toujours comme ces moments là, spontannés et sans calculs, les seuls ou je ne pensent à rien, oui, ça ne m'arrive jamais, sauf là, et dès que ma pensée reprend possession de moi, je disserte au sens péjoratif du terme : j'essaye de mettre des noms sur des sentiments, j'essaye de démêler des émotions qui ne doivent justement pas l'ête, car c'est là qu'est leur vraie beauté, froide et étincelante ainsi que la fleur de cerisier prise dans le givre. Et alors ils ne valent plus rien, parce que je les banalise : je ne ressens plus, je fais des listes. Et je veux ressentir toujours, parce qu'ilrite mes plus merveilleuses, car incompréhensibles, émotions, nous ritons de nous laisser aller sur ce fleuve violet qui charrie des corps et des fleurs d'amandier, le tout baigné dans dans des larmes de joie intense et de profonde tristesse.
Je s
ouffle.

Un coeur dans la buée.
Loïc
je t'aime
.

Apophtegme

le 14/10/2008 à 21h02
<<Vous désirez ?
...
-Oui.>>








[La philosophie n'est intéressante que quand elle parle de 1984, de tique et de suicidaire mysogine]