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La poupée malade

Dis aliter visum

le 26/09/2010 à 13h16

 Si la souffrance rend prolifique, le bonheur aussi. Et l'espoir détesté devient l'espoir qui permet de continuer à vivre ce que l'on a bien voulu m'accorder de garder, par "ON" j'entends les dieux, Dieu, le destin, le hasard. Ce "ON", c'est ce marron dans sa coquille sur lequel je me suis jetée quand je l'ai aperçu, après en avoir cherché un sur mon chemin toute la semaine. Pourquoi avoir cherché un marron dans sa coque pleine d'épines ? Parce que le dernier jour où j'avais vu Frédéric, je lui avait dit que je les aimais parce qu'ils étaient tout neufs, tout brillants. Alors ils devenaient un symbole de lui, de ce garçon qui avait souri en m'entendant dire cela. Alors tant qu'il y a de l'espoir, même s'il se fait un jour douloureux, aujourd'hui il me permet de savoir ce que j'ai, d'en sentir toute l'importance et de ne pas demander, exiger plus. Non, ce n'est pas ce que j'espérais au plus profond de moi-même, en rêve, mais c'est bien plus que ce que m'administrait ma raison. Il est près de moi. C'est tout ce qui compte.

 Depuis trois jours, trois jours qui m'ont paru longs comme une vie, je m'enfonce dans la crâne l'idée que c'est fini. Sa voix au téléphone, ses quelques messages : froids et calmes, cela veut tout dire. Et comme pour me rappeler partout sa présence, les souvenirs attachés à ces endroits particuliers où nous allions surgissent devant mes yeux pour les voiler de larmes. Comble de l'ironie : les deux techniciens informatiques qui répondent à mes mails suite à des problèmes de connexion sur deux sites différents s'appellent Frédéric. Un garçon avec qui je discute pour essayer de me changer les idées me dit qu'il fait des études dans le domaine de l'écologie et du développement durable. Trois fois de battre alors mon coeur s'est arrêté. Je me répète encore et encore : "Noémie, il va te quitter, prépare-toi à ça, ça fera moins mal". Encore et encore et encore et encore et encore.


Mais il reste toujours une saleté d'espoir de merde qui me chuchote : "Peut-être que...". Va te faire enculer. Je ne dis jamais ça, je trouve ça irrespectueux au possible. Mais là, excusez-moi, il n'y a pas d'autre mot, d'autre choix. Nietzsche avait sûrement raison quand il disait de l'espoir que c'était le plus grand maux de l'humanité : nous nous entêtons à nous faire du mal au lieu d'abandonner. Je voudrais abandonner, me détacher, mais je n'y arrive pas parce que j'y crois encore un peu. Un peu beaucoup. Mais c'est malgré moi parce que, raisonnablement, je sais qu'il va partir et s'enlever à moi. Je le sais, je le sens. ça paraît inévitable. Alors, on peut toujours essayer de se consoler en se disant "Si ça se trouve c'est mieux comme ça", mais c'est là que tout l'être hurle "NON".

Alors pendant que tout en moi n'est que cri et que mon coeur se déchire doucement, lambeau par lambeau, dans une douleur continue et fiévreuse, je tente d'aller bien. Ou du moins pas trop mal.

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le 26/09/2010 à 13h15

 REVIENS

Faust

le 26/09/2010 à 13h14

Ce soir, dans le train, il y avait devant moi un petit garçon dans une poussette. Il a deux ans, il s'appelle Axel, j'entends sa maman dire. Elle lui caresse la joue, et il se tourne vers elle en riant et en lui maintenant la main sur son visage, pour qu'elle ne le quitte pas. A ce moment-là je me dis que moi aussi, j'aimerais maintenant être mère : parce que personne ne pourrait me reprocher d'aimer trop mon enfant, de l'aimer à l'infini, et que lui, m'aimerait toujours, quoi qu'il arrive. A mon enterrement, c'est lui qui pleurerait le plus, parce qu'il saurait que jamais personne ne l'aimerait plus comme moi, et que jamais plus il n'aimerait quelqu'un comme il m'aimait moi.


Là, devant mon écran, ce dimanche 19 septembre 2010 à 21:31, je vendrais mon âme au diable s'il me donnait un enfant.

A corps perdu dans un accord perdu

le 26/09/2010 à 13h13

Se rappeler, soudainement, les derniers mois de douleurs : le corps agité de soubresauts, au bord de rendre l'âme, la gorge serrée, vouloir vomir et vomir encore pour que tout s'arrête, mais la bouche ne lâche que des sanglots et les larmes coulent tout autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Les derniers moments de vie d'un coeur moribond duquel on a extirpé l'amour qui fut son souffle vital pendant quatre années ; il essaye d'écraser l'espoir qui pointe en lui, ce nouvel amour impossible qui se fait sa place, et ce double arrachement le laissa pour mort, pour vide.


Tout est terminé.

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le 26/09/2010 à 13h12

Minuscule tremblement de coeur et autres petites catastrophes humaines.

De profundis clamavi

le 26/09/2010 à 13h10
Ce malaise, encore. Quand il m'a parlé d'elle, je l'enviais : elle sait se mettre en valeur, quand on voit son visage, on se dit tout de suite que c'est une fille extravertie, séductrice et séduisante. De moi, il dit : toi, quand on voit ton visage, on se dit "Elle est gentille". Mais pas dans le mauvais sens du terme, il s'empresse d'ajouter. Oui. Je suis gentille. J'aimerais mieux être séduisante et séductrice. Pour une fille comme elle, il me filerait entre les doigts, comme de rien, comme du sable. 

De moi, on ne dire jamais "Waouh". Je n'ai pas de beauté à donner. Je n'ai que de la gentillesse, de la douceur, de l'affection sincère comme celle qu'on les jeunes enfants. Personne ne le voit sur mon visage. Je suis un iceberg. Immergée. 

"Tu as vu Frédéric avec son fantôme ?". Ces mots me restent. Je suis un fantôme. Je n'assume pas d'être un fantôme. Les spectres sont foncièrement inintéressants. J'enrage de ne pouvoir sortir de dedans de moi. M'arracher à moi-même. Dans mon bain, la tête dans l'eau, j'essaye de ne pas pleurer. Ce n'est pas grave, ce n'est pas important, tout le monde s'en fiche. Je n'arrive pas.

Mercredi 21 juillet 2010

le 26/09/2010 à 13h07

 "TAISEZ-VOUS ICONOCLASTES. CE NE SONT PAS DES NIAISERIES"

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le 26/09/2010 à 13h06

 Quelqu'un me tiendrait-il les cheveux, quelqu'un me soutiendrait-il pendant que je vomis quatre années de sentiments ?

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le 26/09/2010 à 13h03
Alors comme un avaleur de sabre je garde l'épée au fond de ma gorge, je le cache.

Que tout s'arrête, je vous en prie, je me noie dans mon sang.

Chaque mot est une douleur plus grande.

Mais je sais aujourd'hui que même si je crache mon coeur, je saurais trouver quelqu'un pour m'en donner un nouveau, car "Un jour ou l'autre, il faut qu'on saute : tenter le voyage, trouver le courage".

LE COURAGE.

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