I Have a Dream

ANOSOGNOSIE

le 14/10/2008 à 20h36
J'ai envie de vomir.
J'ai l'impression que c'est la seule façon d'évacuer toute l'angoisse que j'ai gardé depuis un mois ; la peur sournoise d'une maladie, certes peu grave en elle-même, mais qui laisse douleur et angoisse de la douleur dans la tête. On est mardi et tout va bien. Les microbes sont peut être dans mon rein gauche, un tout petit peu de microbes, mais quand même : peut être encore sont ils morts, foudroyés par l'antibiotique. Mais j'ai encore le rein sensible. Je ne veux pas y croire : tout va s'arranger, car on est mardi et je vais mieux.

VOMIR.
VROMBIR.


Imaginez trois petites pilules :
Une ronde
toute blanche et toute soyeuse, un antibiotique doux pour soulager ma peine et tuer l'infection in ovo ; une main de fer dans un gant de velours
Une rose, dure et lisse comme un dragée, mais plus douce, presque plastifiée, du spasfon pour évacuer les bactéries de mon corps
Une toute petite,
blanche et dure, un éclat de caillou, du zirtec pour enrayer l'allergie qui dévore mes joues, maudit soleil

Ils se tiennent la main.
Une ronde de médicaments à prendre deux fois par jour.

VOMIR quand même.
Je t'aime, protège-moi.

Apex

le 14/10/2008 à 20h29
LEO devant un coulis de fraise et de kiwi, tâtant le vert de sa fourchette : Mais qu'est-ce que ce coulis ?

SUZIE qui chante : Grand mère pomme de terre, ou vas-tu ? A l'église. Pour quoi faire ? Prier le petite Jésus. Je peux venir avec ? Oui,mais faut pas ter !

LEO alors que le silence gne dans la voiture : MERDE ! J'ai loumon tir au missile autoguidé !

PAPA en roulant : Oh regarde Noémie ya une caravane de Jedi devant nous ! C'est celle d'Obi-Wan, mais il a juste écrit son prénom, HOBBY.

LEO mange une pêche et arrive au noyau : Purée faut virer le pin !
Tout de suite après, se lave les mains avec un produit qui ne cessiste pas d'eau : Waah c'est du flan !

SUZIE qui a 59 ans : Geschiesse Léo et moi on veut pas de truites : vive les pizzas margharita !

LUCILE : Papa tu ressembles à un gros cupidon du paradis !

LEO qui n'arrive pas à ouvrir le siphon de la douche : Papa ! J'ai oune problemo techniquo !

Atomisation des sentiments

le 27/06/2008 à 16h10
***
Non.
Je ne suis pas jalouse.
JE NE SUIS PAS JALOUSE.

Si.
Je su
is jalouse. J'ai mal au ventre en sachant qu'il est là-bas, en maillot de bain, sur la plage, avec des filles autour de lui, des filles belles, des filles simpas, des filles qui aspirent pour la plupart à aller en S et qui ont plus de points communs avec lui que moi : je les hais. Rien à foutre de qui elles sont, je les déteste, et si une d'elle le touche je l'étripe, la coupe en morceaux et la jette aux corbeaux. Non, je sais me tenir et me maîtriser : je me contenterais donc de la gifler jusqu'à ce qu'elle saigne et de la piétiner. Je suis extrêment jalouse et animée de sentiments extrêmement violents. On ne dirait pas hein ? C'est comparable aux courants sous-marins qui agitent les profondeurs d'un lac en ne ridant qu'à peine sa surface. Je suis lisse et torturée.

Je suis jalouse.
Je
suis violente.


Reviens s'il te plaît, je vais pleurer. Je me rends malade toute seule, pour changer. Reviens-moi. Aime-moi encore, aime-moi toujours. Rien que d'imaginer la possibilité contraire, je me sens vidée, il y a comme trop de pression dans ma tête et mon sang cogne dans mes temps. Sans lui je ne suis rien. RIEN : un mot sans sens, sans résonnance. Je m'imagine devant sa porte, en sanglots, totalement givrée, prête à me jetter sous une voiture, prêt à me provoquer un coma éthylique dans je ne sortirais jamais ! Dis-moi que c'est impossible.

C'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible, c'est impossible !


Je suis jalouse.
Je
suis violente.
J
e suis folle.

Je t'aime.
***

***

Scène 1.
Un pont au-dessus de plusieurs voies ferrées, près d'une gare. Tout est désert. Il est très tôt, c'est l'hiver, le soleil est à peine levé, le ciel est bleu. Une jeune fille est adossée à la rambarde.

Carline : Les Etoiles sont en grève. Cela fait cent jours qu'elles sont en grève. Je me demande pourquoi ; les étoiles ne s'intéressent pas aux suppressions de postes, aux délocalisations, aux tabloïds mensongers, à l'instauration du service minimum : elles ne s'intéressent pas au monde. A notre monde du moins, et je ne connais pas le leur. Mais le fait est qu'elles sont en grève, et que cela fait cent jours que la nuit est noire comme un parchemin qu'on aurait recouvert d'encre de Chine par trois fois. Trois grosses couches de noir. (Silence). Les monstres en profitent pour sortir de dessus les lits et terroriser enfants et vieillards : c'est monstrueux. (Elle s'éloigne de la barrière. Il n'y a toujours personne. Elle s'y accoude à nouveau). Sûrement qu'eux, les monstres, savent pourquoi les étoiles sont en grève...Sûrement que je pourrais en attendre un, ici : il sentira l'odeur iodée de ma peur, et je pourrais lui parler, et il me répondra peut-être, et...

Eosten arrive en courant et crie : Carline ! Carline ! Tu es là : je t'ai cherché partout.

Carline : Tu n'avais pas besoin.

Eosten la prend par les épaules : Si : tu vas encore essayer de parler aux monstres. C'est dangereux.

Carline se retourne vers lui : Je veux savoir pourquoi les Etoiles font la grève. C'est capital.

Eosten : Si personne ne le sait, c'est bien qu'il doit y avoir une raison : les Etoiles ont refusé de parler à tous les émissaires de la Terre. Les monstres ne te le diront pas : ils sont bien contents qu'elles ne brillent plus la nuit, et s'ils te disent la raison pour laquelle elles ne travaillent plus, peut-être trouveras-tu une solution à leur problème ; alors elles recommenceront à travailler, et les monstres devront de nouveau se cacher sous les lits et manger les moutons de poussières.

Carline se retourne vers la barrière : Je veux quand même essayer.

Eosten : Que tu es bornée ! Sais-tu que certains se sont mis à manger les humains ?

Carline : Oui. Je le sais. La matinée est belle, tu ne trouves pas ? Belle et froide comme le carrelage de la piscine municipale. (Elle souffle et un fin nuage de vapeur s'échappe de sa bouche).

Eosten s'énervant : Tu es totalement inconsciente ! Je ne veux pas que tu te fasses manger. Rentre avec moi, tout de suite.

Carline : Non. Je reste sur le pont.

Eosten l'empoignant par le bras : Viens aller. (Il la tire violemment).

Carline hurle : Non ! Je veux savoir ! Je veux savoir !

Elle se débat, ils roulent à terre : elle empoigne une pierre et lui la cogne sur la tête ; elle roule doucement sur le macadam. Carline se relève, tâte le pouls d'Eosten : il bat encore. Elle l'assoit contre la barrière, se met à côté de lui.

Carline : C'est toi qui es borné. Moi, je veux juste parler à un monstre ; je dois savoir voyons, Eosten. Tu me déçois.

Elle ferme les yeux et s'endort.


Scène 2
Il fait nuit noire. Des ombres s'agitent un peu partout autours de Carline et d'Eosten. Celle-ci est réveillée.

Carline : Je sais très bien que vous êtes là. N'essayer pas de me mordre les chevilles.

Quelque chose vient s'assoir à côté d'elle. Elle ne voit que deux yeux verts brillants.

Zohrab : Nous n'aimons pas les chevilles. Trop peu de viande. Nous préférons le cerveau : c'est bien plus tendre.

Carline outrée : Je ne vous laisserais pas non plus mon cerveau !

Zohrab : Je n'en demande pas tant. Je veux juste savoir pourquoi une petite humaine comme toi reste si tard sur ce pont par une nuit sans étoiles ; peut-être est-ce pour rencontrer un monstre ? Je me trompe ?

Carline accusatrice : Vous m'avez espionné.

Zohrab : Si peu. Je dormais sous la pierre dont tu t'es servi dans votre affrontement fratricide.

Carline : Je n'ai pas tué mon frère : il est juste assommé.

Zohrab : Peu importe ; j'ai une vilaine brûlure d'UV au visage.

Carline : Je m'excuse monsieur le monstre, je ne savais pas que...

Zohrab l'interrompant : Zohrab. Je m'appelle Zohrab. Pas de monsieur entre nous si vous voulez bien.

Carline : Ah. Si vous y tenez. Désolée Zohrab.

Zohrab : Donc tu veux savoir pourquoi les Etoiles se sont mises en grève ?

Carline : Oui.

Zohrab : Bien. (Un temps). Je vais te le dire alors, puisque tu as été si courageuse.

Carline : Courageuse ?

Zohrab : Oui, tu as quand même osé tuer ton frère pour pouvoir parler à un monstre et connaître la réponse à la question capitale qui te taraude.

Carline soupire : Je ne l'ai pas tué : il dort simplement.

Zohrab : Peu importe, tu l'as assommé malgré tout. Donc, je vais t'avouer...l'ultime secret des étoiles !

Il tourne vers elle ses énormes yeux verts qui brillent comme des phares.

Carline se protège les yeux : Mon Dieu ! Comme c'est m'as-tu-vu ! Ils doivent être en surtension, baissez un peu l'intensité s'il vous plaît.

Zohrab se détourne : Pardon, mais tu sais, je dois être effrayant et...

Carline l'interrompant : Mais comment voulez-vous faire peur si vous nous saturez la rétine ? On ne peut même pas vous entrevoir.

On entend quelques cliquetis : les yeux de Zohrab deviennent bleus et brillent très doucement.

Carline : C'est mieux.

Zohrab : Bon, aucune autre objection ? La couleur, ça va ? J'ai toute une palette à disposition.

Carline l'examinant : Maintenant que vous le dîtes...

Zohrab : Oui ?

Carline : Pourriez-vous les faire...mauves ?

Zohrab surpris : Mauves ??

Carline : Oui.

Zohrab : Quand même, je suis un monstre, pas un bisounours.

Carline : Bon alors jaunes ?

Zohrab : Va pour jaunes.

Quelques cliquetis à nouveau : ses deux iris passent lentement du bleu au jaune.

Zohrab : Alors tu la veux cette révélation, oui ou non ?

Carline : Oui, oui, oui ; mes oreilles sont grandes ouvertes.

Zohrab : En fait, c'est tout bête : les Etoiles se sont (enfin) rendues compte qu'elles nous privaient de trop de jours de travail dans l'an, et de ce fait, comme les humains nous voient trop peu souvent, et nourrissent envers nous trop de négativité. Elles sont en grève pour dénoncer cette discrimination !

Silence.

Carline : Je ne vous crois pas ; de toute façon, il est normal que nous ayons un sentiment négatif à votre égard : vous nous faîtes peur. Personne n'a envie d'apprendre à connaître quelqu'un d'effrayant.

Silence.

Carline : Quelle est la vraie raison de cette grève ?

Zohrab : A vrai dire, nous les monstres n'en avons qu'une vague idée. Les Etoiles n'ont rien voulu nous dire. Elles nous ont juste envoyé une sale bestiole en recommandé.

Carline étonnée : Une bestiole ?

Zohrab : Je suis assis sur la boîte.

Carline alarmée : Peut-elle au moins respirer ??

Zohrab las : Malheureusement oui. Il y avait un message avec ; je vais te le lire, je suis parfaitement nyctalope : « A Celui ou Celle : qu'il réclame la guillotine ». Je te le laisse.

Carline : Le message ?

Zohrab : Et la bête avec.

Carline : Mais je...

Zohrab : Sois gentille, occupe-t-en.

Carline : Mais je...

Zohrab : Merci ! Merci beaucoup ! (Un temps). Oh, le jour se lève. Désolée, je dois partir : bonne chance !

Il disparaît.

Carline : MAIS MAIS MAIS !

Le premier oiseau se met à chanter. Eosten se réveille.


Scène 3

Carline ouvre doucement la boîte : des petits piaillements en sortent, mais on ne voit pas la bestiole. Eosten se tient la tête et gémit ; Carline ferme la boîte.

Eosten : Qu'est-ce que je fais là ?

Carline : Tu es venu avec moi pour observer les rails : ils ont ballasté la voie de droite hier, c'est du plus bel effet.

Eosten : Ah...Nous avons dormis là ?

Carline : Oui.

Eosten vient d'apercevoir la boîte : Qu'est-ce que c'est ?

Carline paniquée : C'est euh...c'est...une...branche de chou-fleur.

Eosten soupçonneux : Quelle excitation pour une branche de chou-fleur. Je ne te savais pas si émotive petite sœur.

Carline toujours affolée : Mais non, je ne m'excite pas ! Tu dis des bêtises ; j'ai chaud, voilà tout, il fait très chaud.

Eosten : Nous sommes en plein hiver Carline. (Un temps). J'ai de drôles de récurrences ; es-tu bien sûre que nous sommes venus pour voir le ballastage de la voie de droite ?

Carline : Oui, oui.

Eosten : Tu n'aurais pas osé m'assommer avec une pierre ? Ce n'est pas ton genre hein. Non. Tu n'aurais pas non plus passé la nuit à parler avec un monstre, et ce n'est sûrement pas un des leurs qui t'aurait donné cette boîte ? (Il hausse la voix, se lève). Tu n'aurais pas osé profiter de mon inconscience pour me mentir Carline hein ?

Carline crie : D'accord, d'accord, j'avoue ! Je ne peux plus tenir plus longtemps ; le mensonge s'infiltre en moi et j'ai l'impression que je vais imploser sous l'effet de la pression ! Je ne sais pas mentir. Surtout te mentir.

Eosten crie à son tour : Je le sais bien, pas besoin d'être centralien pour deviner que tu me mens. (Il se calme). Dis-moi ce qu'il y a dans cette boîte et je t'épargne l'interrogatoire sur ta nuit avec le monstre.

Carline : Je ne sais pas ce que c'est : on dirait un petit nuage vert. Comme un citron vert. Ca piaille. Je ne peux pas te le montrer : il va s'envoler.

Eosten : Menteuse ! Encore une fois tu me mens.

Carline : Je jure sur ma foi que non !

Silence. Ils se jaugent. Elle ouvre doucement la boîte et lui montre la bestiole : elle gazouille, le carton gigote.

Carline doucement : Les Etoiles veulent la guillotine.

Eosten scandalisé : Mais cette bête est inoffensive ! Regarde la, elle n'a même pas de dents, ni de griffes, ni de crocs à venin. Donne-la-moi : je ne te laisserai pas l'emmener et la tuer.

Carline : Non ! Je garde Faune avec moi. Je compte attendre les étoiles.

Eosten interdit : Faune ?

Carline : Oui, c'est comme ça qu'il s'appelle ; c'était écrit sur la boîte, sur le côté droit.

Eosten : Tu comptes vraiment attendre les étoiles ? Elles ne vont pas se déplacer pour toi.

Carline serrant le carton contre elle : J'ai Faune maintenant.

Eosten : Tu vas le tuer ?

Carline murmurant : Je ne sais pas. Je veux...Je veux d'abord savoir pourquoi. Je vais attendre. Va-t-en, s'il te plaît.

Eosten : Puisque tu le veux, je pars. Mais si tu le tue, je ne te parlerais plus.

Il s'en va. Carline est à nouveau seule sur le pont, le soir tombe. Elle se recroqueville dans un coin et s'endort, la boîte dans les bras.


Scène 4
Faune s'agite dans sa boîte, cela réveille Carline. Il bouge en dans tous les sens.

Carline : Faune ! Faune ! Calme-toi, je t'en prie.

Faune : Il faut que tu agisses, maintenant !

Silence. Carline regarde la boîte.

Carline interdite : Tu parles ?

Faune : Bien sûr.

Carline : Qu'est-ce que tu es ?

Faune : Pas grand-chose, je ne sais pas. Je viens des Etoiles.

Carline : Des Etoiles ?

Faune : Oui. Je vivais dans l'Etoile du Berger. Sais-tu, c'est la présidente.

Carline ouvrant le carton : Ah. Cela fait un long périple pour arriver jusqu'ici : l'Etoile du Berger est lointaine.

Faune : Oui, mais il le fallait.

Carline : Pourquoi ?

Faune : Quelqu'un doit me tuer.

Carline : La guillotine...

Faune : Oui, le couperet. Je dois mourir.

Carline : Mais pourquoi ? Qu'as-tu fait ? Tu as l'air si gentil ! Je ne t'imagine pas faire quelque chose de mal.

Faune : Tu ne comprends pas.

Carline s'énervant : Eh bien non, je ne comprends pas. Et je voudrais bien pourtant : j'ai passé des jours sur ce pont à observer le ciel, j'ai assommé mon frère, j'ai passé la nuit avec un monstre, et finalement je me retrouve avec une bestiole verte et vaporeuse qui me demande de la tuer. Je nage !

Faune : Tu dois me tuer parce que je ne suis pas vraiment un être vivant. Je suis...un condensé de pensées.

Carline : Mais de pensées de quoi ? De qui ?

Faune : De L'humanité. Je suis ce que vous appelez le Cinquième Elément : quelqu'un doit me détruire, car je porte en moi les mauvais germes que Pandore a semés sur Terre. Les monstres n'ont pas voulu, car si je meurs, la peur meurt avec moi, et ils se retrouveront tous au chômage. C'est compréhensible. Mais les humains, comme toi, ne veulent pas non plus.

Carline : Pourquoi ? Ce serait la fin de toute la misère et de toute l'injustice sur la planète si je t'ai bien compris.

Faune : Exact. Mais les Etoiles sont marxistes, et elles m'ont crée...Personne n'aime plus Marx, les hommes politiques voient leur pouvoir s'envoler et surtout leurs bénéfices connaître une baisse de -400%.

Carline : Mais toi, tu n'y peux rien, toi : pourquoi devrais-tu mourir pour nous ?

Faune : Parce que sinon vous ne verrez plus jamais les Etoiles, soit parce qu'elles dépériront à force de s'empêcher de briller, soit parce que vos ingénieurs fans de jeux vidéos continueront à leur tirer dessus à coup de satellite pour les faire exploser.

Carline ébahie : Ils font ça ? Ils osent faire ça ?

Faune : Je sais. Le genre humain est détestable parfois. Dieu se lamente tout seul près de Proxima du Centaure et écoute « Highway to Hell » ; il déprime de voir ses enfants se comporter si déplorablement.

Carline : Je ne veux pas te tuer. Je ne peux pas !

Faune : C'est juste ma vie contre celles de milliards d'Etoiles et d'êtres humains. Ne vois-tu pas les enjeux ?

Carline : Je ne pourrais pas vivre heureuse en sachant que je t'ai tué. Ne peux-tu pas jeter ton fardeau ?

Faune doucement : Carline, je SUIS le fardeau.

Carline pleurant : Je ne le ferais pas ! Je ne le ferais pas !

Faune : Alors je trouverais quelqu'un d'autre.

Carline : Non ! Je suis peut-être d'un égoïsme total et d'une folle inconscience, mais je t'en empêcherais.

Faune : Tu ne pourras pas.

Carline : Alors je mourrais avant toi. Je ne peux pas supporter l'idée même de ce qui t'attends.

Faune : Tais-toi Carline. Tu ne sais pas ce que tu dis.

Carline crie : Je suis en pleine possession de toutes mes capacités intellectuelles !

Elle sort un petit aimant de sa poche, l'approche de son cœur : il s'y colle, Carline gémit, se tient la poitrine et s'affaisse doucement sur le trottoir.

Faune affolé : Carline ! Que se passe-t-il ? As-tu mal ? Carline ! (Il lui tourne autour de la tête). Réponds ! Tu ne dois pas mourir, pas comme ça !

Carline : Dis à mon frère...que c'est un âne ! Et que je l'aime aussi.

Ses yeux se ferment, sa tête roule sur le macadam. Faune couine faiblement, se blotti dans les bras de Carline.


Scène 5
Le jour s'est levé, le ciel est bleu comme la mer. Ni Carline, ni Faune ne sont plus là. Eosten est accoudé à la barrière. Il se tourne.

Eosten : Ma sœur est morte. (Un temps). Morte pour une boule de poils citron vert qu'elle aimait avant de la connaître, parce qu'elle ne pouvait pas supporter l'idée du sacrifice de cette innocente bestiole. Tôt ce matin, les Etoiles sont descendues sur Terre, ici même sur ce pont : elles ont emmené Carline vers l'espace dans un halo de lumière dorée, et toute la planète a levé en même temps les yeux vers le ciel. Ils ont vu, mais c'est tout, ils n'ont pas compris ; ils n'ont pas compris qu'elle s'est tuée juste pour eux, pour cette vermine. (Un temps). J'ai reçu une très belles carte de condoléances, très brillante de la part des Etoiles : elles me disaient qu'elles ne s'attendaient pas à ce qu'un tel dommage collatéral survienne, qu'elles étaient désolées, mais qu'elles n'auraient pas pu tuer le Cinquième Elément car c'est elles qui l'avaient crée, pour catalyser la mal de Pandore ; Elles disent aussi qu'elles ont parlé à Dieu : il a pleuré quand il a vu le corps de Carline. Il va déclencher une nouveau Déluge. (Silence. Une larme coule le long de sa joue). Ma sœur est une étoile désormais ; une étoile mauve et scintillante comme de la rosée ; et Faune gravite lentement autour d'elle. (Il s'éloigne de la barrière). Moi ? J'attends le Déluge ; je ne suis pas mieux que le reste de l'humanité. Heureusement que des Etoiles brillent au-dessus de nos têtes. (Il sort).


***


Une petite fantaisie écrite en quelques jours...

Je déteste réviser. Vraiment, je DETESTE ça : je préfère que ma mémoire fasse le travail à ma place, je n'ai pas l'âme d'une bosseuse. Malgré tout, en SVT et surtout en physique (vu le néant total qui nous sert de cours, cad des polycopiés que la prof à imprimer d'internet parce qu'on est des L et qu'elle a pas trop envie de se fouler, et que donc pendant 1h30 on ne fout STRICTEMENT rien), je me retrouve dans l'obligation plus qu'obligatoire de le faire quand même. Et je le fais bien, puisque qu'en 2h tout le programme est revu (je lis et retiens vite, Dieu soit loué). Ca me laisse du temps. Trop de temps puisqu'il n'y a rien à la télé, qu'internet déconne tout l'aprem et que je n'ai plus rien à lire : L'ENFER, l'ennui pascalien, la haine de soi-même ! Que le diable me patafiole, je me fait chi*** !

Q
uand je m'ennuie, j'ai envie de dire du mal de quelqu'un ; mauvaise habitude hein ? Personne n'est parfait, moi la première, mais je m'évertue à exfolier mes défauts autant que possible en me questionnant (trop), car j'ai découvert récemment que je pensais comme Socrate : l'homme est fait pour se poser des questions, en particulier sur lui-même, et ainsi trouver les réponses seul et s'amener *très* lentement et *peu* sûrement vers la perfection. Quel homme ce Socrate ! Dommage qu'il soit mort, je l'épouserais. [...Temps de réaction...] J'ai dit que j'épouserais Socrate ? Oui j'ai dit ça, je pète un câble. D'ailleurs je ne vis pas au temps de Socrate, il lui n'aurait pas pu vivre encore de notre temps ; et même si, il aurait du se battre avec Loic pour me conquérir, et il aurait de toute façon perdu puisque Loic lui aurait fait une prise de judo alors que lui aurait à peine eu le temps d'ébaucher un de ses dialogues philosophiques en vu de l'assomer sous le choc (et croyez-moi c'est du lourd). Et puis Socrate était moche de toute façon.

Br
ef, je disais que j'avais envie de dire du mal de quelqu'un dans mes moments d'ennui abyssal ; malheureusement toute mon inspiration s'est envolée de fait de mon échapée épique sur la question : "Epouser Socrate"....C'est bête. Je peux quand même dire que je LAteste parce que c'est une HYPOCRITE et que je vais donner les lettres qu'elle m'avait écrite à Mathieu. C'est bas. C'est mesquin. C'est perfide. C'EST BIEN FAIT ! Oeil pour oeil, dent pour dent : je lui rends le mal qu'elle nous a fait, de même mesure. Ah oui, encore un mot avant de clore cet article : j'espère qu'elle va se ramasser à l'oral de français.


ET TOC !
***

<3 Boy <3

Oyez, oyez, braves gens
Je recherche un homme qui aurait tout le temps
De faire pousser des enfants
Au lieu d’pousser des cris et d’jouer les méchants

Oyez, oyez, les misters
Je cherche un quidam qui a pas froid au coeur
Pour détourner mon humeur
En jouant aux gens d’âme et aux lovers

Oyez, oyez, braves gens
Je cherche un Adam pour croquer ma pomme
Qui croie pas qu’ l’amour, c’est du vent
Et qu’on peut être un homme
Sans faire de mal à personne

Avis au sexe fort
J’voudrais perdre le Nord
Dans votre sens
Avis au sexe fort
J’voudrais léguer mon corps
A votre science

Oyez, oyez, les musclés
Au lieu d’compter les morts
Du haut des miradors
Laissez vos armes devant l’entrée
Pas la peine de frapper
Mon coeur n’est pas fermé
Promis, juré, ça fait pas mal
C’est juste un p’tit coup d’foudre,
Sauf qu’on a jeté les balles
C’est jamais trop tard, faut juste savoir
Que pour gagner cette guerre
Suffirait d’pas la faire

Venez mater mes contours
J’ai besoin d’un type qui me tourne autour
Pour éloigner les vautours
Ceux qui m’font l’amour
Avant d’me faire la cour

Avis au sexe fort
J’voudrais perdre le Nord
Dans votre sens
Avis au sexe fort
J’voudrais léguer mon corps
A votre science
J’suis pas comme dans les magazines
Fille bas résille
Femme sous cellophane
Mais j’ai du sex-appeal alcaline
A l’heure des grandes marées
Qui font des vagues à l’âme

<3 Girl <3

***
Je t'ai à l'oeil
Tu es dans les miens
Comme moi dans les tiens
***

Ab irato

le 13/03/2008 à 20h32
***

Encore une fois "Alcool" sonne comme "ANNIHILE TOI" ! Je ne comprendrais jamais le fait de se remplir le corps d'éthanol comme un gamin remplit une bombe à eau au robinet ; malgré tout, je dois dire que je salue la performance, car pour faire ce genre de chose, il faut posséder une certaine forme de courage : car se bourrer la gueule, c'est accepter de ne plus tenir droit sur ses jambes, de ne se souvenir de quasi rien, de ne pas être responsable de ses actions, d'embrasser n'importe qui et de vomir dans un coin - et tout ça en s'assumant, courage que je ne possède pas, malheureusement ou heureusement. Avouez que quand vous voyez quelqu'un débarquer et vous dire "il pisse sur ma voiture, vilain garçon" avec une bouteille de smirnoff à la main puis éclater de rire et se casser la gueule, le dégoût et l'incompréhension de votre regard peuvent parfois prendre une couleur étonnement respectueuse pour ces êtres qui s'abaissent pitoyablement.
Malgré tout la soirée d'hier ne fut pas totalement un immense ramassis de comas éthyliques ; le début était très bien, j'ai même réussi à faire danser Loïc pendant 30 minutes, pataugeant un peu dans mon changement continu de rythme, un peu perdu mais quand même
pas mauvais danseur.

Rentrés à 2h du matin, fatigués d'avoir cherché Manon (^^) et surtout d'avoir attendu debouts et morts de froid dans l'entrée pour éviter tout contact avec les gens bourrés, on s'est couchés, et malgré tout, on a encore parlé, un peu, une heure. Comme d'habitude j'avais froid, et comme d'habitude il est devenu ma bouillote, essayant (en vain) de réchauffer les icebergs qui me servent de pieds. A chaque fois on se disait "bonne nuit", et puis on se reparlait. Jusqu'à ce que la fatigue prenne quand même le dessus.

Le matin plus tard, le réveil de Loic sonne à toute blinde : sa mère vient le chercher pour 10h30. On reste encore au lit, on parle, on rit : c'est l'idée que je me fais de notre amour, du bonheur. C'est un des images qui me remontent le moral quand je déprime, comme une certaine autre, une petite Laotong et moi couchées sur son lit en train de rire à cause de la chanson
"Si li lion du Cliopatre, si li roi des zanimo"....

***

Loic, je t'aime.
Audrey, je t'aime.
Amandine, je t'aime.
Manon, je t'aime.
Joanna, je t'aime.
Baptiste, je t'aime.

***

Piix : When time passes by Diablata sur Deviantart.com

La muraille de Chine

le 09/03/2008 à 19h20
Ne pas se laisser envahir par le stress, le garder dans la périphérie de sa tête, en bordure, dans le cagibi ; cela fait une sensation de couronne sur le crâne.

Ne pas céder à la superstition, ne pas lire les augures, ne pas chercher 3, 7 ou 13 rayures, tâches, points sur le mur.

Ne pas faire de prière à Dieu, à Jésus, à Marie, aux Saints, aux Anges : c'est nous même qui devons réussir, par notre propre force, la religion est un encouragement.

Abandonner les mantras, les sortilèges, les psaumes, les incantations chamaniques, les signes cabalistiques.

Se calmer, bouger le moins possible, économie de mouvement, éviter que le stress ne se propage dans le reste du corps et sorte du mental.

Respirer profondément, calmement, respirer, réguler et apaiser son rythme cardiaque, ne pas produire trop d'adrénaline : elle provoque rapidité et force, mais il n'y a besoin que de précision, et elle n'en donne pas.

Ouvrir les mains, les desserrer, les poser sur ses genoux, ne pas se crisper, ne pas raidir le corps : cela gangrène le corps de stress et le rend trop rigide, comme refroidi.




"Hein que l'épée ressort quand on l'a avalée ?!"
***

Création

le 28/02/2008 à 16h06

***

***

VOULOIR c'est déjà savoir.

Vouloir quelque chose du plus profond de soi, vouloir quelque chose au prix de n'importe quoi : ça trace des chemins, ça ouvre des avenirs, ça nous fait faire des choix. L'Univers conspire aux ultimes souhaits.
Tant que je te garde dans ma tête, dans mon coeur, tant que j'envisage un avenir avec toi, je ne vois pas les autres : ils ne sont rien. Ils n'ont rien par rapport à toi. Alors tout est possible, et employer "vouloir" au lieu "d'espérer" est déjà un choix.


L'ours est déjà mort, je me suis acheté des chaussures avec sa fourrure.

piix : Looking for sun by sharkkk sur deviantart.com

***

***

Anti-toussif

le 01/02/2008 à 15h33
La maladie a du bon ; au moins je peux regarder Dr House, et détester l'écriture automatique toute seule en écoutant The Verve, Bitter Sweet Symphony.
Automatique, A comme AhAhAh. Déplaisant adjectif aussi bien dans l