I Have a Dream

Mes écrits

Thanatophobie !

le 14/10/2008 à 21h04

J'aimerais de nouveau écrire, avoir cette étincelle, même si cce n'est que pour quelques instants : mais en ce court instant, lâcher tout, vomir et déverser mon trop plein d'émotions inanimées sur du papier tout ce qu'il y a de plus virtuel. Et puis souffler.
J'aimerais qu'il me dise que je suis la plus belle, même si c'est superficiel et puéril, j'aimerais qu'il me caresse les cheveux et la joue en m'affirmant que tout sera toujours comme ces moments là, spontannés et sans calculs, les seuls ou je ne pensent à rien, oui, ça ne m'arrive jamais, sauf là, et dès que ma pensée reprend possession de moi, je disserte au sens péjoratif du terme : j'essaye de mettre des noms sur des sentiments, j'essaye de démêler des émotions qui ne doivent justement pas l'ête, car c'est là qu'est leur vraie beauté, froide et étincelante ainsi que la fleur de cerisier prise dans le givre. Et alors ils ne valent plus rien, parce que je les banalise : je ne ressens plus, je fais des listes. Et je veux ressentir toujours, parce qu'ilrite mes plus merveilleuses, car incompréhensibles, émotions, nous ritons de nous laisser aller sur ce fleuve violet qui charrie des corps et des fleurs d'amandier, le tout baigné dans dans des larmes de joie intense et de profonde tristesse.
Je s
ouffle.

Un coeur dans la buée.
Loïc
je t'aime
.

Ordnung.Muss.Sein

le 14/10/2008 à 21h01

Les cris d'horreur et les exclamations de dégoûts devant les corps désarticulés, affamés et profondémment morts des déportés des camps d'extermination sont un réaction plus qu'humaine : universelle. Mais la critique est facile : "Tout le monde est responsable ! Pourquoi les Allemands aimaient-ils tellement Hitler ? Comment peut-on adorer un monstre" ?

Mais imaginez vous, Allemand de classe moyenne après la crise économique de 1929, au chômage comme la plupart, sans ressources ; imaginez, et imaginez bien, un homme, un parti qui vous distribue de la soupe, qui vous promet et qui vous donnera effectivement des aides sociales, des logements et des voitures à bas prix, une remontée incroyable du taux d'embauche et donc un chômage inexistant. Voilà ce que donne Hitler aux Allemands en 1933 : une vie meilleure ! Les gens l'adulent et l'adorent, et comme ceux qui aiment, sont aveugles et ne voient pas les défauts de leur Fürher, trop pris dans l'exaltation tumultueuse que leur donne cet nouvel espoir.
Voila pourquoi les petits gémissements apprêtés dans mon dos m'agresse : parce que je sais que j'aurais fait la même chose, parce que j'aurais crié "Heil Hitler" en levant la main comme tout le monde, et que j'aurais été plus que sûrement sincèrement contente qu'il soit au pouvoir, parce qu'il représentait la possibilité d'un avenir meilleur. Les Allemands sont le plus à plaindre : eux qui croyaient en un renouveau le voit destitué, et légitimement destitué, puisque le espoir a été monté de toute pièce, comme un décor de théâtre qui cacherait la misère des murs, l'horreur des rats crevés dans les coulisses.


Alors oui, je comprends qu'on AI PU aimer Hitler.
Ca ne veut pas dire que je l'aime, loin, très loin de moi cette idée.
Je le déteste pour toutes ces âmes tuées, pour toutes ces âmes déçues.

Oaristys

le 14/10/2008 à 20h58
La tisane a toujours été un de mes plus puissants réconfortants lorsque la chaleur d'un corps et même d'un coeur sont absents. Le thé au citron dégage de belles vapeurs évanescentes, je met mon visage au dessus de ma tasse et je m'enivre. La cuillère à encore le goût à la fois lourd et léger du miel ; je voudrais y tremper mes doigts, te les donner à sucer, m'en étaler sur les lèvres et te laisser lécher. J'aimerais être sensuelle comme le miel, j'aimerais être douce comme le miel, j'aimerais qu'on ai du mal à se débarasser de moi comme le miel.

Je ne suis "sexy" que dans ses yeux.
Je compte y rester quelques années (environ 2000, après, ça fait long).
Je garde pour lui mes mots crus, au sens propre comme au figuré.


"Iom esiab".

Taedium vitae

le 14/10/2008 à 20h53
Je lis des choses horribles, j'ai des hauts-le-coeur affreux. Je me demande comme des choses comme celle là peuvent arriver, ce ne devrait pas être possible. Mon ordinateur chante "Fat Lip" de Sum 41, playlist "Happy Day", et j'ai la nausée, j'ai l'impression que je vais vomir sur mon clavier tellement ce que je viens de lire me secoue et m'ébranle de l'intérieur.

***


Et c'est la que tout le monde attend les deux choses plus que communes aux blogs : précisément ce que je viens de lire, pour pouvoir lire à son tour, puis la classique remise en cause de Dieu. Je ne peux pas vous donner ce que vous attendez : rien que de penser à la cause de ma naupathie mon coeur et mon estomac se soulèvent conjointement, personne ne devrait lire ça "juste pour savoir". Ensuite, je ne peux me séparer de Dieu ; en toutes circonstances, je ne l'ai jamais renié, je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas, je n'en ai pas envie. J'ai l'intime conviction qu'il regrette amèrement son choix d'avoir fait l'Homme libre, mais s'il ne l'était pas, comme l'a souligné Baptiste, il se serait sauvagement battu (a tort ou a raison) pour l'avoir, et sûrement cela aurait été pire que maintenant, puisque quand on est longtemps privé de quelque chose, quand on peut enfin l'avoir, on a malheureusement tendance à en abuser. Je sais que mon Dieu m'aime, je sais aussi qu'il pleure de rage et de tristesse contre ses enfants, en écoutant "Highway to Hell" puissance maximal pour ne plus entendre les milliards de plainte provenant du berceau terrestre de son humanité ; je pense qu'il agit malgré tout, mais que tout le monde est bien trop blasé pour le voir. J'ai toujours été liée à Dieu, je ne pourrais jamais m'en détacher. Je n'ai pas la prétention d'être une mystique, un prophète ou que sais-je ? Je suis simplement croyante, et je pense que ces choses, Dieu en a encore plus la nausée que moi.
J'ai vu la joie pure et fertile d'un enfant de sept ans, réellement heureux que son oeuf à la coque soit pour lui un oeuf de dragon sur le point d'éclore ; ce bonheur naïf et tellement cristalin qu'il faudrait garder toujours ! Je revois encore ses yeux brillants, son sourire éclatant, ses petites mains applaudissant à l'ouverture du fameux oeuf. Ce spectacle, banal pour certains, m'a fait comprendre à quel point nous avons perdu cette capacité à nous émerveiller de tout, à voir les choses plus belles qu'elles ne le sont certes, mais le bonheur n'est-ce pas cela ? Je le comprends encore plus quand je m'aperçois que c'est de cette fon que je vois Loïc : nous sommes des gamins, nous avons nos jeux, nos surnoms, un regard avide d'expérience, des rires qui explosent doucement ; nous durons et nous durerons car nous nous découvrons chaque jour.
[J'ai beau pleurer, tu sais que je t'aime, et je finis toujours par arrêter devant tout l'amour que tu m'offres...Deux sucettes en coeur de Sarrebruck, et une échange de pendentif "Pourquoi ? -Parce que je t'aime.". Ca y est je pleure.]

J'ai vu le silence paisible d'une amitié, les pieds dans l'eau, des petits poissons nous tournant autour. Des regards à la fois pleins et vides de sens, des discussions sans tabous et une petite souffrance partagée. Les ritables amis se reconnaissent comme cela je crois : par la qualité de leur silence. Le silence d'une regard, d'un rire étouffé, d'une larme qui roule sur une joue, de la main qui l'essuie, des bras qui s'étreignent, d'une caresse dans les cheveux. Une après-midi chaude, beaucoup de marche et de discussions, de grands verres de grenadine et un tableau "comme Dr House".


V.I.V.R.E
Vouloir tout Inonder, Vouloir tout Refaire : possibilités Extrêmes.

***

Scène 1.
Un pont au-dessus de plusieurs voies ferrées, près d'une gare. Tout est désert. Il est très tôt, c'est l'hiver, le soleil est à peine levé, le ciel est bleu. Une jeune fille est adossée à la rambarde.

Carline : Les Etoiles sont en grève. Cela fait cent jours qu'elles sont en grève. Je me demande pourquoi ; les étoiles ne s'intéressent pas aux suppressions de postes, aux délocalisations, aux tabloïds mensongers, à l'instauration du service minimum : elles ne s'intéressent pas au monde. A notre monde du moins, et je ne connais pas le leur. Mais le fait est qu'elles sont en grève, et que cela fait cent jours que la nuit est noire comme un parchemin qu'on aurait recouvert d'encre de Chine par trois fois. Trois grosses couches de noir. (Silence). Les monstres en profitent pour sortir de dessus les lits et terroriser enfants et vieillards : c'est monstrueux. (Elle s'éloigne de la barrière. Il n'y a toujours personne. Elle s'y accoude à nouveau). Sûrement qu'eux, les monstres, savent pourquoi les étoiles sont en grève...Sûrement que je pourrais en attendre un, ici : il sentira l'odeur iodée de ma peur, et je pourrais lui parler, et il me répondra peut-être, et...

Eosten arrive en courant et crie : Carline ! Carline ! Tu es là : je t'ai cherché partout.

Carline : Tu n'avais pas besoin.

Eosten la prend par les épaules : Si : tu vas encore essayer de parler aux monstres. C'est dangereux.

Carline se retourne vers lui : Je veux savoir pourquoi les Etoiles font la grève. C'est capital.

Eosten : Si personne ne le sait, c'est bien qu'il doit y avoir une raison : les Etoiles ont refusé de parler à tous les émissaires de la Terre. Les monstres ne te le diront pas : ils sont bien contents qu'elles ne brillent plus la nuit, et s'ils te disent la raison pour laquelle elles ne travaillent plus, peut-être trouveras-tu une solution à leur problème ; alors elles recommenceront à travailler, et les monstres devront de nouveau se cacher sous les lits et manger les moutons de poussières.

Carline se retourne vers la barrière : Je veux quand même essayer.

Eosten : Que tu es bornée ! Sais-tu que certains se sont mis à manger les humains ?

Carline : Oui. Je le sais. La matinée est belle, tu ne trouves pas ? Belle et froide comme le carrelage de la piscine municipale. (Elle souffle et un fin nuage de vapeur s'échappe de sa bouche).

Eosten s'énervant : Tu es totalement inconsciente ! Je ne veux pas que tu te fasses manger. Rentre avec moi, tout de suite.

Carline : Non. Je reste sur le pont.

Eosten l'empoignant par le bras : Viens aller. (Il la tire violemment).

Carline hurle : Non ! Je veux savoir ! Je veux savoir !

Elle se débat, ils roulent à terre : elle empoigne une pierre et lui la cogne sur la tête ; elle roule doucement sur le macadam. Carline se relève, tâte le pouls d'Eosten : il bat encore. Elle l'assoit contre la barrière, se met à côté de lui.

Carline : C'est toi qui es borné. Moi, je veux juste parler à un monstre ; je dois savoir voyons, Eosten. Tu me déçois.

Elle ferme les yeux et s'endort.


Scène 2
Il fait nuit noire. Des ombres s'agitent un peu partout autours de Carline et d'Eosten. Celle-ci est réveillée.

Carline : Je sais très bien que vous êtes là. N'essayer pas de me mordre les chevilles.

Quelque chose vient s'assoir à côté d'elle. Elle ne voit que deux yeux verts brillants.

Zohrab : Nous n'aimons pas les chevilles. Trop peu de viande. Nous préférons le cerveau : c'est bien plus tendre.

Carline outrée : Je ne vous laisserais pas non plus mon cerveau !

Zohrab : Je n'en demande pas tant. Je veux juste savoir pourquoi une petite humaine comme toi reste si tard sur ce pont par une nuit sans étoiles ; peut-être est-ce pour rencontrer un monstre ? Je me trompe ?

Carline accusatrice : Vous m'avez espionné.

Zohrab : Si peu. Je dormais sous la pierre dont tu t'es servi dans votre affrontement fratricide.

Carline : Je n'ai pas tué mon frère : il est juste assommé.

Zohrab : Peu importe ; j'ai une vilaine brûlure d'UV au visage.

Carline : Je m'excuse monsieur le monstre, je ne savais pas que...

Zohrab l'interrompant : Zohrab. Je m'appelle Zohrab. Pas de monsieur entre nous si vous voulez bien.

Carline : Ah. Si vous y tenez. Désolée Zohrab.

Zohrab : Donc tu veux savoir pourquoi les Etoiles se sont mises en grève ?

Carline : Oui.

Zohrab : Bien. (Un temps). Je vais te le dire alors, puisque tu as été si courageuse.

Carline : Courageuse ?

Zohrab : Oui, tu as quand même osé tuer ton frère pour pouvoir parler à un monstre et connaître la réponse à la question capitale qui te taraude.

Carline soupire : Je ne l'ai pas tué : il dort simplement.

Zohrab : Peu importe, tu l'as assommé malgré tout. Donc, je vais t'avouer...l'ultime secret des étoiles !

Il tourne vers elle ses énormes yeux verts qui brillent comme des phares.

Carline se protège les yeux : Mon Dieu ! Comme c'est m'as-tu-vu ! Ils doivent être en surtension, baissez un peu l'intensité s'il vous plaît.

Zohrab se détourne : Pardon, mais tu sais, je dois être effrayant et...

Carline l'interrompant : Mais comment voulez-vous faire peur si vous nous saturez la rétine ? On ne peut même pas vous entrevoir.

On entend quelques cliquetis : les yeux de Zohrab deviennent bleus et brillent très doucement.

Carline : C'est mieux.

Zohrab : Bon, aucune autre objection ? La couleur, ça va ? J'ai toute une palette à disposition.

Carline l'examinant : Maintenant que vous le dîtes...

Zohrab : Oui ?

Carline : Pourriez-vous les faire...mauves ?

Zohrab surpris : Mauves ??

Carline : Oui.

Zohrab : Quand même, je suis un monstre, pas un bisounours.

Carline : Bon alors jaunes ?

Zohrab : Va pour jaunes.

Quelques cliquetis à nouveau : ses deux iris passent lentement du bleu au jaune.

Zohrab : Alors tu la veux cette révélation, oui ou non ?

Carline : Oui, oui, oui ; mes oreilles sont grandes ouvertes.

Zohrab : En fait, c'est tout bête : les Etoiles se sont (enfin) rendues compte qu'elles nous privaient de trop de jours de travail dans l'an, et de ce fait, comme les humains nous voient trop peu souvent, et nourrissent envers nous trop de négativité. Elles sont en grève pour dénoncer cette discrimination !

Silence.

Carline : Je ne vous crois pas ; de toute façon, il est normal que nous ayons un sentiment négatif à votre égard : vous nous faîtes peur. Personne n'a envie d'apprendre à connaître quelqu'un d'effrayant.

Silence.

Carline : Quelle est la vraie raison de cette grève ?

Zohrab : A vrai dire, nous les monstres n'en avons qu'une vague idée. Les Etoiles n'ont rien voulu nous dire. Elles nous ont juste envoyé une sale bestiole en recommandé.

Carline étonnée : Une bestiole ?

Zohrab : Je suis assis sur la boîte.

Carline alarmée : Peut-elle au moins respirer ??

Zohrab las : Malheureusement oui. Il y avait un message avec ; je vais te le lire, je suis parfaitement nyctalope : « A Celui ou Celle : qu'il réclame la guillotine ». Je te le laisse.

Carline : Le message ?

Zohrab : Et la bête avec.

Carline : Mais je...

Zohrab : Sois gentille, occupe-t-en.

Carline : Mais je...

Zohrab : Merci ! Merci beaucoup ! (Un temps). Oh, le jour se lève. Désolée, je dois partir : bonne chance !

Il disparaît.

Carline : MAIS MAIS MAIS !

Le premier oiseau se met à chanter. Eosten se réveille.


Scène 3

Carline ouvre doucement la boîte : des petits piaillements en sortent, mais on ne voit pas la bestiole. Eosten se tient la tête et gémit ; Carline ferme la boîte.

Eosten : Qu'est-ce que je fais là ?

Carline : Tu es venu avec moi pour observer les rails : ils ont ballasté la voie de droite hier, c'est du plus bel effet.

Eosten : Ah...Nous avons dormis là ?

Carline : Oui.

Eosten vient d'apercevoir la boîte : Qu'est-ce que c'est ?

Carline paniquée : C'est euh...c'est...une...branche de chou-fleur.

Eosten soupçonneux : Quelle excitation pour une branche de chou-fleur. Je ne te savais pas si émotive petite sœur.

Carline toujours affolée : Mais non, je ne m'excite pas ! Tu dis des bêtises ; j'ai chaud, voilà tout, il fait très chaud.

Eosten : Nous sommes en plein hiver Carline. (Un temps). J'ai de drôles de récurrences ; es-tu bien sûre que nous sommes venus pour voir le ballastage de la voie de droite ?

Carline : Oui, oui.

Eosten : Tu n'aurais pas osé m'assommer avec une pierre ? Ce n'est pas ton genre hein. Non. Tu n'aurais pas non plus passé la nuit à parler avec un monstre, et ce n'est sûrement pas un des leurs qui t'aurait donné cette boîte ? (Il hausse la voix, se lève). Tu n'aurais pas osé profiter de mon inconscience pour me mentir Carline hein ?

Carline crie : D'accord, d'accord, j'avoue ! Je ne peux plus tenir plus longtemps ; le mensonge s'infiltre en moi et j'ai l'impression que je vais imploser sous l'effet de la pression ! Je ne sais pas mentir. Surtout te mentir.

Eosten crie à son tour : Je le sais bien, pas besoin d'être centralien pour deviner que tu me mens. (Il se calme). Dis-moi ce qu'il y a dans cette boîte et je t'épargne l'interrogatoire sur ta nuit avec le monstre.

Carline : Je ne sais pas ce que c'est : on dirait un petit nuage vert. Comme un citron vert. Ca piaille. Je ne peux pas te le montrer : il va s'envoler.

Eosten : Menteuse ! Encore une fois tu me mens.

Carline : Je jure sur ma foi que non !

Silence. Ils se jaugent. Elle ouvre doucement la boîte et lui montre la bestiole : elle gazouille, le carton gigote.

Carline doucement : Les Etoiles veulent la guillotine.

Eosten scandalisé : Mais cette bête est inoffensive ! Regarde la, elle n'a même pas de dents, ni de griffes, ni de crocs à venin. Donne-la-moi : je ne te laisserai pas l'emmener et la tuer.

Carline : Non ! Je garde Faune avec moi. Je compte attendre les étoiles.

Eosten interdit : Faune ?

Carline : Oui, c'est comme ça qu'il s'appelle ; c'était écrit sur la boîte, sur le côté droit.

Eosten : Tu comptes vraiment attendre les étoiles ? Elles ne vont pas se déplacer pour toi.

Carline serrant le carton contre elle : J'ai Faune maintenant.

Eosten : Tu vas le tuer ?

Carline murmurant : Je ne sais pas. Je veux...Je veux d'abord savoir pourquoi. Je vais attendre. Va-t-en, s'il te plaît.

Eosten : Puisque tu le veux, je pars. Mais si tu le tue, je ne te parlerais plus.

Il s'en va. Carline est à nouveau seule sur le pont, le soir tombe. Elle se recroqueville dans un coin et s'endort, la boîte dans les bras.


Scène 4
Faune s'agite dans sa boîte, cela réveille Carline. Il bouge en dans tous les sens.

Carline : Faune ! Faune ! Calme-toi, je t'en prie.

Faune : Il faut que tu agisses, maintenant !

Silence. Carline regarde la boîte.

Carline interdite : Tu parles ?

Faune : Bien sûr.

Carline : Qu'est-ce que tu es ?

Faune : Pas grand-chose, je ne sais pas. Je viens des Etoiles.

Carline : Des Etoiles ?

Faune : Oui. Je vivais dans l'Etoile du Berger. Sais-tu, c'est la présidente.

Carline ouvrant le carton : Ah. Cela fait un long périple pour arriver jusqu'ici : l'Etoile du Berger est lointaine.

Faune : Oui, mais il le fallait.

Carline : Pourquoi ?

Faune : Quelqu'un doit me tuer.

Carline : La guillotine...

Faune : Oui, le couperet. Je dois mourir.

Carline : Mais pourquoi ? Qu'as-tu fait ? Tu as l'air si gentil ! Je ne t'imagine pas faire quelque chose de mal.

Faune : Tu ne comprends pas.

Carline s'énervant : Eh bien non, je ne comprends pas. Et je voudrais bien pourtant : j'ai passé des jours sur ce pont à observer le ciel, j'ai assommé mon frère, j'ai passé la nuit avec un monstre, et finalement je me retrouve avec une bestiole verte et vaporeuse qui me demande de la tuer. Je nage !

Faune : Tu dois me tuer parce que je ne suis pas vraiment un être vivant. Je suis...un condensé de pensées.

Carline : Mais de pensées de quoi ? De qui ?

Faune : De L'humanité. Je suis ce que vous appelez le Cinquième Elément : quelqu'un doit me détruire, car je porte en moi les mauvais germes que Pandore a semés sur Terre. Les monstres n'ont pas voulu, car si je meurs, la peur meurt avec moi, et ils se retrouveront tous au chômage. C'est compréhensible. Mais les humains, comme toi, ne veulent pas non plus.

Carline : Pourquoi ? Ce serait la fin de toute la misère et de toute l'injustice sur la planète si je t'ai bien compris.

Faune : Exact. Mais les Etoiles sont marxistes, et elles m'ont crée...Personne n'aime plus Marx, les hommes politiques voient leur pouvoir s'envoler et surtout leurs bénéfices connaître une baisse de -400%.

Carline : Mais toi, tu n'y peux rien, toi : pourquoi devrais-tu mourir pour nous ?

Faune : Parce que sinon vous ne verrez plus jamais les Etoiles, soit parce qu'elles dépériront à force de s'empêcher de briller, soit parce que vos ingénieurs fans de jeux vidéos continueront à leur tirer dessus à coup de satellite pour les faire exploser.

Carline ébahie : Ils font ça ? Ils osent faire ça ?

Faune : Je sais. Le genre humain est détestable parfois. Dieu se lamente tout seul près de Proxima du Centaure et écoute « Highway to Hell » ; il déprime de voir ses enfants se comporter si déplorablement.

Carline : Je ne veux pas te tuer. Je ne peux pas !

Faune : C'est juste ma vie contre celles de milliards d'Etoiles et d'êtres humains. Ne vois-tu pas les enjeux ?

Carline : Je ne pourrais pas vivre heureuse en sachant que je t'ai tué. Ne peux-tu pas jeter ton fardeau ?

Faune doucement : Carline, je SUIS le fardeau.

Carline pleurant : Je ne le ferais pas ! Je ne le ferais pas !

Faune : Alors je trouverais quelqu'un d'autre.

Carline : Non ! Je suis peut-être d'un égoïsme total et d'une folle inconscience, mais je t'en empêcherais.

Faune : Tu ne pourras pas.

Carline : Alors je mourrais avant toi. Je ne peux pas supporter l'idée même de ce qui t'attends.

Faune : Tais-toi Carline. Tu ne sais pas ce que tu dis.

Carline crie : Je suis en pleine possession de toutes mes capacités intellectuelles !

Elle sort un petit aimant de sa poche, l'approche de son cœur : il s'y colle, Carline gémit, se tient la poitrine et s'affaisse doucement sur le trottoir.

Faune affolé : Carline ! Que se passe-t-il ? As-tu mal ? Carline ! (Il lui tourne autour de la tête). Réponds ! Tu ne dois pas mourir, pas comme ça !

Carline : Dis à mon frère...que c'est un âne ! Et que je l'aime aussi.

Ses yeux se ferment, sa tête roule sur le macadam. Faune couine faiblement, se blotti dans les bras de Carline.


Scène 5
Le jour s'est levé, le ciel est bleu comme la mer. Ni Carline, ni Faune ne sont plus là. Eosten est accoudé à la barrière. Il se tourne.

Eosten : Ma sœur est morte. (Un temps). Morte pour une boule de poils citron vert qu'elle aimait avant de la connaître, parce qu'elle ne pouvait pas supporter l'idée du sacrifice de cette innocente bestiole. Tôt ce matin, les Etoiles sont descendues sur Terre, ici même sur ce pont : elles ont emmené Carline vers l'espace dans un halo de lumière dorée, et toute la planète a levé en même temps les yeux vers le ciel. Ils ont vu, mais c'est tout, ils n'ont pas compris ; ils n'ont pas compris qu'elle s'est tuée juste pour eux, pour cette vermine. (Un temps). J'ai reçu une très belles carte de condoléances, très brillante de la part des Etoiles : elles me disaient qu'elles ne s'attendaient pas à ce qu'un tel dommage collatéral survienne, qu'elles étaient désolées, mais qu'elles n'auraient pas pu tuer le Cinquième Elément car c'est elles qui l'avaient crée, pour catalyser la mal de Pandore ; Elles disent aussi qu'elles ont parlé à Dieu : il a pleuré quand il a vu le corps de Carline. Il va déclencher une nouveau Déluge. (Silence. Une larme coule le long de sa joue). Ma sœur est une étoile désormais ; une étoile mauve et scintillante comme de la rosée ; et Faune gravite lentement autour d'elle. (Il s'éloigne de la barrière). Moi ? J'attends le Déluge ; je ne suis pas mieux que le reste de l'humanité. Heureusement que des Etoiles brillent au-dessus de nos têtes. (Il sort).


***


Une petite fantaisie écrite en quelques jours...

Flower power

le 13/10/2007 à 20h58

***


Le passé nous suit : il est le notre, nous somme le sien. Sans passé nous ne sommes pas, sans présent nous n'existons pas, et sans avenir, nous sommes condamnés. Comme je l'ai dit a Amandine, le contexte s'y prêtant : les liens qui nous unissent au passé, quand ils se déchirent, ils craquent et glissent sous nos doigts, ils s'envolent comme des milliers d'oiseaux aux couleurs un peu fanées. Les blessures ne cicatrisent pas tout de suite, et parfois elles se rouvrent, [elles saignent], nous pleurons, nous survivons, je vous aimerais.


Je décide aujourd'hui de cesser de cultiver les fleurs du passé : elles ne m'appartiennent plus. Je fais pousser en mon jardin un arbre, un figuier : ces racines dans mes [o]rigines, sont tronc pour me supporter dans l'[i]nstant, et ses branches pour monter vers l'[a]venir.


Vous êtes mon tronc, j'ai besoin de vous. Les mots ont un pouvoir : je veux qu'il s'imprègne.



[Nous survivrons, je vous aimerais.]




Piix : Natalie Shau, sur deviantart.com

"I want you now"

le 02/10/2007 à 20h02

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Je suis ne suis pas timide avec lui : je n'ai aucun problème avec son corps. Le sien, le mien, le notre...quelle importance après tout ? Au toucher c'est la même peau, la même sensibilité.


Je l'aime. Je le veux rien que pour moi. Rien qu'à moi. Juste pour moi.


Dis quelque chose...


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piix : pop art by GrungeBrideGoneGreen sur deviantart.com

Métastase inverse

le 19/09/2007 à 17h26

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Pour un baiser de toi, à cet instant je damnerais la terre entière, et plus encore s'il le faut...


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"Misconstruction"

le 10/09/2007 à 17h35

S'il pleut aujourd'hui, pas dans mon coeur. L'orage, c'était hier ; j'ai un ciel bleu dans la tête. Pas de philosophie, les jours gris m'empêchent toute mélancolie et autres questions existentielles. J'aimerais regarder l'orage avec TOI et TOI.

"T'es bien plus beau comme ça, un point c'est tout, un point c'est toi". Zazie. C'est vrai, les gens sont bien plus beau nu, dans leur esprit, dépouillés de toutes ses corrections qu'on fait chaque jour, ses concessions a la vie de groupe, ses sourires factices plus qu'utiles a la "cohésion" sociale.


TOI, tu es belle nue devant moi, on ne se cache pas, et rien, on est comme on est : Laotong pour la vie. Ma soeur de coeur, que j'aime a voir toute entière, dans ses faiblesses et surtout dans ses forces, qu'elle ne voit pas toujours mais qui sont à elle. Tu as un rayonnement intérieur, et si peu de personnes le voit, elles sont aveugles ; je suis fière d'avoir 10/10 a chaque oeil.

TOI, en caleçon au propre, nu au figuré, tu te découvres si souvent devant moi : tu t'assumes, tu n'as pas de "paraître". Tu es, et c'est ça qui fait que tu es unique. Patate, nouille, petit clown, crapaud, crocrodile, gremlins, radiateur...derrière nos surnoms un peu niais (mais si...complices), deux coeurs qui battent l'un pour l'autre. En te découvrant, j'étais plus que Christophe Colomb.



Et moi, que suis je dans tout ça ? Je ne crois pas être fausse. Je ne crois pas qu'il y est deux Noémie différentes. Si je retiens, je ne cache pas, je ne joue pas. J'aime, ou j'aime pas, mais j'ai l'amour lucide.


VOIR ET ÊTRE VU... 

***

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